La psychanalyse… questions/réponses…

La psychanalyse est ce qu’il y a de plus intensive et profonde de toutes les méthodes de psychothérapie. Le but est de vous aider à mieux vous comprendre, et de vivre une vie plus riche, et plus épanouie. Les patients qui entament une psychanalyse ont souvent déjà essayé d’autres thérapies, ou des médicaments, ou bien d’autres stratégies (la méditation, etc.) pour soulager leur difficultés, mais ne trouvent pas de résultat concluant, ou bien il est éphémère.

La psychanalyse traditionnelle se conduit à une fréquence de 3 à 5 fois par semaine pour des séances de 45 minutes. Aujourd’hui on assouplit ce cadre, mais 2 à 3 séances par semaine sont recommandées. Ce travail intensif et introspectif permet de comprendre en quoi l’histoire du sujet influence et colorie le quotidien actuel. Mais, il ne suffit pas de comprendre le passé – il faut aussi comprendre ce qu’on aimerait changer – le pourquoi et comment. C’est là où l’on peut, lors des séances, rencontrer une résistance profonde malgré une compréhension de soi et ses répétitions. La psychanalyse offre plus que la compréhension – elle propose une possibilité d’un remaniement psychique significatif, et un changement qui résiste au temps – qui peut même s’accroître avec le temps. La psychanalyse est plus que des simples soins psychothérapeutiques –  cela va juste au cœur du sens que l’on donne à sa vie. Comme Philippe Grimbert a récemment dit,  “la psychanalyse ne guérit pas, mais elle sauve.”

Il y a beaucoup de confusion et d’information erronée autour de la psychanalyse. Ici on va répondre aux questions fréquemment posées sur ce modèle de traitement :

Que se passe-t-il dans une séance typique ? 

Les patients sont encouragés à parler librement sur tout ce qui leur vient en tête (on appelle cela “l’association libre”), et de ne pas se censurer, ni se restreindre dans leur parole même si cela semblé étrange, inappropriée, etc.  Les personnes en psychanalyse peuvent parler de leur vie actuelle, leurs relations, leurs sentiments envers eux-même ou les autres, leurs souvenirs, rêves – bref tout ce qui est présent pour eux au moment qu’elles parlent. Les rêves, fantasmes, et la rêverie dévoilent ce qui n’est pas forcément conscient chez le sujet, et permet de révéler, au fur et à mesure, les enjeux inconscients autour des conflits et désirs. On commence à comprendre que tout cela crée une pression psychique qui pousse à certains comportements, relations, ou pensées.

Quelle est la relation entre l’analyste et le patient (l’analysant) ? 
Il existe une caricature populaire d’un vieux monsieur avec une barbe blanche qui pose des questions sur votre maman. Ou bien, on entend que l’analyste est un “écran blanc” sur lequel on on projette tout ce qu’on a sur le cœur, sans réaction empathique de sa part, dans un silence mortifère et froid.  Ce modèle de la psychanalyse a été, pour la plupart, abandonné depuis bien longtemps. La plupart des psychanalystes aujourd’hui sont interactifs, et à l’écoute profonde de ce que vous dites, et au sens de ce que vous dites.

La pensé psychanalytique considère que la relation entre l’analyste et l’analysant serait un microcosme des relations que l’on entretient avec le monde extérieur. Les expériences du passé et du présent ont un effet sur notre comportement et les liens que l’on crée avec nos proches. Cela inclut comment on se “présente” dans la séance de psychanalyse, et les sentiments que l’on peut avoir envers l’analyste. On peut vivre des sentiments parfois positifs, mais également des moments de colère, de frustration, de distance, etc. Ces réactions, que l’on appelle le “transfert” dans le langage analytique, nous renseignent sur comment vous gérer les relations avec ceux que vous côtoyer habituellement. Par exemple, on peut attribuer à l’analyste un jugement négatif, ou même une approbation… comme s’il s’agissait d’un parent. La capacité de voir en quoi cela touche à la vision de soi-même et les autres fournit la possibilité d’une nouvelle liberté, et un vécu plus riche et satisfaisante.

Dois-je m’allonger sur le divan ?
Ce n’est pas une obligation. Le divan est juste un outil, très utile, pour certains patients. Dans la psychanalyse, on s’allonge sur un divan et l’analyste est derrière, en dehors du champ de vision de l’analysant. Cela permet une détente, mais aussi une parole plus libre, moins intellectuelle, et plus profonde. Sans voir l’analyste, on ne surveille pas sa réaction à ce que l’on peut dire. Cela nous donne accès à comment on “pense à ce que les autres pensent” de soi-même, ce qui n’est pas forcément vrai ou objectif.  Dans la vie quotidienne, on s’appuie beaucoup au langage du corps ou à l’expression de l’autre pour savoir comment nos paroles sont reçues. Ceci dit, si l’analysant n’est pas à l’aise sur le divan, on peut reprendre la psychothérapie en face à face.

Pourquoi autant de séances en psychanalyse ? Est-ce obligatoire ?
Non, mais des séances fréquentes peuvent approfondir et accélérer le processus thérapeutique. On aura accès à ce qui vous travail “dans le fond”  beaucoup plus facilement, car dans les séances moins fréquentes, on reste souvent sur événementiel, et il nous manque du temps pour l’essentiel. En vous voyant plus souvent, l’analyste aura accès à plus d’information significative, et peut remarquer ce qui se répètent dans vos sensations et vos comportements. Ensemble on constate ce qui semble prédominant dans vos habitudes, et ce qui peut manquer – ce que vous évitez par exemple -et ce que vous recherchez comme relation ou sensation. On peut approfondir cette compréhension, la nuancer, et la réfléchir ensemble, avec des séances  fréquentes. La relation analytique devient un vrai appui pour votre réflexion au jour le jour.

Est-ce que la psychanalyse peut prendre la place des médicaments (antidépresseurs, etc.) ?
Beaucoup de patients en psychanalyse prennent aussi des médicaments – l’un n’empêche pas l’autre. Les médicaments peuvent atténuer la souffrance émotionnelle, permettant une exploration par la parole. Cela empêche que l’on se sent potentiellement submergé par ce qui en sort. Les médicaments peuvent être d’une grande aide, surtout au début d’une psychothérapie ou d’une psychanalyse.

Est-ce qu’une psychanalyse continue “à jamais” ? 
Non, le but est d’apaiser et soulager ce qui vous emmène en psychanalyse. Ceci étant, les difficultés chroniques (qui sont présentes depuis plusieurs années) peuvent prendre du temps à remanier. En général (et cela est *très* général, car tout le monde est différent) on compte trois années pour faire une psychanalyse. L’idéal est de pouvoir faire trois séances par semaine. Bien sûr, ce n’est pas possible pour tout le monde. Dans le cas où les séances sont plus espacées (hebdomadaires), il se peut que votre psychothérapie analytique ou psychanalyse durent plus longtemps. Cela ne veut pas dire que votre travail est moins efficace.

Les psychanalystes sont obsédés par Freud, et le passé ? 
Aujourd’hui, les psychanalystes s’appuient sur beaucoup de théoriciens. Freud en fait parti, mais les analystes contemporains croient, en général, que l’intérêt de comprendre le passé est utile seulement dans la mesure où cela soulage les problématiques du présent, et guide le sujet vers l’avenir.

Pourrais-je devenir “dépendant(e)” de ma psychanalyse ? 
La dépendance, et l’intimité, peuvent provoquer le l’anxiété chez tout le monde. C’est difficile de se sentir que l’on a besoin de quelqu’un, et pour certains, cela s’étend à la capacité de former des relations intimes durables. Il y a d’autres qui ont l’impression d’avoir absolument besoin de quelqu’un pour bien fonctionner dans la vie – et peuvent ressentir l’angoisse à l’idée de perdre cette relation.

Dans la psychanalyse, on tient compte de comment vous agissez dans la proximité ou la distance avec les autres, ainsi qu’avec l’analyste dans la séance. Ce sont des soucis dont on parle – soit l’impression de dépendance, soit la peur de trop d’intimité. Encore une fois, la psychanalyse est un microcosme qui dévoile, au fur et à mesure, les nuances de votre manière de “vous débrouillez” dans la vie quotidienne.

J’espère que ces questions et les réponses ont pu clarifier le processus psychanalytique. Si vous souhaitez savoir si la psychanalyse serait appropriée pour vous, n’hésitez pas à me contacter.