Phobies alimentaires

Les phobies alimentaires peuvent prendre plusieurs formes :

  1. Il y a le type “aversion” où l’idée de certains aliments créent des sensations de nausée, ou bien donne carrément une envie de vomir. Certaines textures ou odeurs peuvent provoquer ce désagrément, et on évite tout contact avec les aliments en question. Il y a des personnes qui ont peur de manger des choses spécifiques depuis leur enfance, et choisissent presque toujours que de la nourriture qui rassurent (les pâtes, les yaourts, etc.).
  2. L’autre forme est plutôt une angoisse à l’idée de mastiquer et engloutir – on a très peur de faire une fausse route, ou d’étouffer. Là l’évitement peut être autour des aliments solides ou très secs – on choisit la nourriture molle, sans morceaux, et plutôt liquide pour s’apaiser.
  3. Une autre phobie peut être celle de devoir manger devant les autres – souvent en lien avec une des formes précédentes. Si on sait, par exemple, que la viande sera servie lors d’un repas important, il peut y avoir une appréhension très forte, et beaucoup d’angoisse.

Ces troubles n’ont pas de lien (la plupart du temps) avec l’anorexie ou la boulimie. Le sujet n’est pas concerné par la taille de son corps, mais les sensations désagréables qu’il éprouve, ou qu’il appréhende, à l’idée d’ingérer la nourriture qui lui pose problème.

Une phobie est une peur intense face à une situation qui, “normalement” n’est pas à craindre. Le corps réagit comme s’il y avait un vrai danger, produisant les mêmes hormones de stress, sauf, il n’y pas lieu d’avoir cette appréhension.  Les personnes ayant une phobie peut se rendre compte que celle-ci n’est pas rationnelle, mais cela ne suffit pas pour les calmer.

Ces phobies alimentaires peuvent survenir chez les enfants à des moments de stress (changement d’école, de situation familiale, etc.) ou après une maladie (par exemple, s’il y a eu des vomissements,  ou des maux de gorge).

Pour dépasser ces troubles, on procède par des toutes petites étapes de remaniement alimentaire. Dans un premier temps, le sujet peut se sentir davantage anxieux.  Il y a souvent une forte résistance, même si on est de “bonne volonté” avec un grand désir de changement. Ceci est un passage fréquent en psychothérapie, car même si le souci est focalisé sur la nourriture, cette résistance nous indique que les enjeux sont peut-être plus profond, psychiquement. Autrement dit, si c’était si simple de changer, vous l’auriez déjà fait ! Il faut donc beaucoup de patience, avec des cycles où l’on avance, et peut-être d’autres moments de régression (et on ne mange que du mou, ou des pâtes, à nouveau).

Ces cycles ne veulent pas dire que l’on ne progresse pas, et l’accompagnement en psychothérapie vise à clarifier et apaiser au fur et à mesure que l’alimentation se varie.